Le château

de

BANNEGON




Le château de Bannegon, assis sur la rive gauche de l'Auron, est grand et remarquable. Les plus anciennes parties sont du XIIIe siècle, surtout la tour des Barres.
Le seigneur de Bannegon fût un des nombreux barons du Berry qui prêtèrent, en 1261, serment entre les mains de l'archevêque de Bourges, s'engageant à respecter la trêve et à suivre la commune.

Le pays de Bannegon fut ravagé pendant l'année 1263, par la guerre que se firent le sire de Charenton (Charenton-du-Cher) et Guillaume de La Porte, châtelain de Bannegon (et d'Yssertieux).

Le roi Charles VII séjourna au château.

Pendant les guerres de religion, le château de Bannegon fut le théâtre des exploits et du courage de Marie de Barbançon, veuve de Jean des Barres, protestante zélée, qui donnait asile aux hérétiques et les protégeait de tout son pouvoir. M. de Montaré, gouverneur du Bourbonnais, vint l'assiéger avec trois mille hommes en 1570.

La courageuse femme résista pendant deux mois avec cinquante hommes, à tous les efforts des assiégeants et ne se rendit que quand les vivres et la poudre manquèrent.

Le marquis de Bonneval, seigneur de Bannegon, faisait partie de l'assemblée provinciale du Berry au XVIIIe siècle.

Bulletin de la Société académique du Centre : archéologie, littérature, science, histoire et beaux-arts. Publié par l'Académie du Centre en 1898.


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...l'ancien terrier de Bannegon, ...montre que les seigneurs de ce nom avaient haute, moyenne et basse justice sur les terres voisines et sont fondateurs du prieuré conventuel de Notre-Dame de Chaumont, où est enterré feu messire Jean de La Porte, dit le Bordon, seigneur de Bannegon, avec cette épitaphe : Hic jacet dominus Johannes de Porta, miles, dominus de Bannegonio, qui obiit anno Domini 1311, die veneris antefestum B. Georgii martyris (entre les mains de Mme de Cotolendy).

Études archéologiques sur les familles du nom de La Porte. La famille de La Porte d'Issertieux, avec les branches de Riants et de Pierry (en Berry, Marche et Bourbonnais), par Jean-Pierre Armand de La Porte des Vaulx (1826-1890).


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CHÂTEAU DE BANNEGON

Le château de Bannegon est situé entre Dun-sur-Auron (Dun-le-Roi) (à 15,7 km) et Saint-Amand-Montrond (à 23,4 km), sur la rive gauche de l'Auron au midi, et attenant le Bourg de ce nom, qui contient environ 600 âmes.

Cette Seigneurie a appartenu au Seigneur des Barres, Maréchal de France sous Philippe-Auguste, qui a possédé dans ce département plusieurs autres terres auxquelles il a transmis son nom ; savoir : Cours-les-Barres, Neuvy-le-Barrois, etc. Il y a lieu de présumer que ce maréchal a fait construire le grand château, qui subsiste encore en partie, mais qui paraît avoir été réparé à diverses époques ; aussi son ensemble ne présente plus aujourd'hui que des constructions irrégulières autour desquelles s'élèvent plusieurs tours parmi lesquelles on distingue par sa grosseur et sa hauteur celle qui porte le nom des Barres (1).


Au fond de la cour qui est de forme triangulaire, est le principal corps de logis.

Sur un des angles s'élève un énorme donjon tout en pierres de taille, dans lequel est pratiquée la porte d'entrée : sur sa face extérieure est gravé ce qui suit :


1584
fut batti en l'an 1558.



Et il est de tradition que Mlle de Barbançon Neuvy (2) s'étant révoltée contre l'autorité royale, elle ne se rendit qu'après que le canon eut fait brèche de ce côté.

Le château est entouré de fossés larges et profonds alimentés par les eaux de l'Auron. Le territoire de la Commune est d'une grande fertilité, ses vastes prairies produisent d'abondantes récoltes ; ses chanvres d'excellente qualité se vendent 76 fr. de plus que ceux de Saint-Amand-Montrond ; ses terres fromentales rapportent de 8 à 12 pour un ; mais cette terre dévore ses habitants, il y meurt annuellement un tiers d'individus de plus qu'il y en naît, et la population ne se soutient que par des familles des cantons voisins qui viennent y prendre des fermes. La cause de ce fléau me paraît devoir être attribuée principalement à la stagnation des eaux causée par les digues d'un moulin établi sur l'Auron au-dessus du château ; les seigneurs qui l'ont fait construire ont sans doute porté un grand préjudice au village de Bannegon, puisque par suite de cette stagnation l'air est vicié, les prairies sont détériorées, les plantes graminées sont parfois rouillées.

Comme jusqu'à la Révolution, le moulin a appartenu au propriétaire du château, l'eau des vastes fossés, qui le séparent du village, était souvent renouvelée, mais depuis que cette terre a été divisée et vendue à plusieurs particuliers par suite de l'émigration de Mme de Frézelières de Bonneval, Mme Veuve de Bengy (-du Peyroux) (3), qui a acheté le château n'a pu obtenir de l'acquéreur du moulin que les eaux de ses fossés fussent renouvelées et ils sont devenus un foyer d'infection, qui me semble devoir être considéré comme la principale cause de la mortalité qui se fait remarquer parmi les habitants de Bannegon.

La terre de Bannegon a appartenu au seigneur des Barres, aux barons de Neuvy, aux la Frézelière (4), Mme de Bengy (-du Peyroux) à qui appartient aujourd'hui le château, n'est pas en état de l'entretenir et déjà plusieurs de ses parties tombent en ruines (5).

Aux environs de Bannegon on voit les vestiges du château-fort de Telly dont il ne reste plus que les fossés, et de celui de Rembé qui a été dans les temps anciens le manoir des seigneurs de Bannegon (6).

Le dernier possesseur, avant la Révolution était ce Louis César de Bonneval, seigneur de Bannegon, dont nous venons de parler.



Notices sur les châteaux, abbayes & monuments du département du Cher / par le général Comte de Barral,... ; publiées avec des notes par son petit-fils, M. le Comte Edgard de Barral,... et M. l'abbé Adrien de Barral,... Auteur : André-Horace-François de Barral (1743-1829).
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Ces trois textes sont extraits du site de la BnF, Bibliothèque nationale de France.


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(1) D'après M. de Kersers, voici en résumé à qui l'on doit les diverses constructions de ce château :
-aux La Porte la tour du Nord et la partie Nord,
-aux Des Barres, l'ensemble des fortifications et du manoir,
-puis quelques annexes aux du Mas,
-et les installations aux Brichanteau.

Le nom de tour des Barres n'a pu être donné à ce bâtiment parce qu'il aurait été construit par les Des Barres, qui n'ont possédé Bannegon qu'à la fin du XIVe siècle et au XVe. Cette tour parait plus ancienne.






















(2) Marie de Barbançon était alors veuve de Jean des Barres, seigneur de Neuvy-le-Barrois, etc.





























(3) Veuve de M. Marie Gabriel de Bengy (-du Peyroux).
[Claude de Bengy, vicomte des Porches, (1784-1849), polytechnicien, officier de cavalerie, époux d'Eléonore Françoise du Peyroux (1787-1827) ont eu 5 enfants ;
le plus jeune est Marie Gabriel de Bengy (-du Peyroux) (1819-1867)].






















(4) Avant les des Barres, nous trouvons au commencement du XIe siècle les de La Porte.
Jean de la Porte eut trois filles : Marie épousa Guillaume des Barres.
En 1516 Bannegon a pour seigneur Jacques du Mas (Dumas, aussi seigneur de L'Isle), mort sans enfant [? : non - nous, (webmestre) lui connaissons un fils Pierre Dumas, seigneur de L'Isle (à Touchay) et Bannegon, gouverneur au pays de Foix, capitaine de 100 hommes d'armes, dont le fils semble s'établir au pays de Foix...
Déjà vers 1450, Jean Dumas (+ 1495 à Florence), Grand maître des Eaux et Forêts de France, Écuyer du roi Louis XI, Conseiller et chambellan de Charles VIII, chevalier, était seigneur de L'Isle et de Bannegon, voir l'Armorial du Languedoc de La Roque].

Nous revoyons alors les des Barres et, comme nous l'avons dit, Jean des Barres époux de Mlle de Barbançon.
Viennent les Brichanteau (aussi à Meillant ); Louis de Brichanteau vend Bannegon à Gabriel de Bonneval.
A la révolution Marguerite Henriette fille de La Frézelière veuve de Louis César de Bonneval émigra et Bannegon est confisqué.
Il a été racheté par Marie Gabriel de Bengy (-du Peyroux) (1819-1867).






















(5) Il appartient toujours aux Bengy. Il a été conservé et en partie restauré par M. de Bengy mort il y a quelques années (sic). (1819-1867).
























(6) Ce vieux château existe toujours mais très mutilé.